Le livret d’épargne le plus rentable en 2024

Sept millions de courriels, envoyés d’un trait. Voilà comment Bercy, décidé à secouer la torpeur de l’épargne populaire, a tenté de remettre le livret d’épargne populaire (LEP) sur la carte, fin avril. La cible : les foyers aux revenus les plus modestes, souvent oubliés par leur banque. Pourtant, ce livret réglementé, discret, aurait de quoi séduire. À peine 8,7 millions de Français en détenaient un fin 2017, pour un total de 44 milliards d’euros, d’après la Banque de France. Un chiffre qui laisse songeur, quand on sait à quel point le LEP pourrait doper le pouvoir d’achat de nombreux ménages.

Conditions d’accès étendues

Pour ouvrir un LEP, il faut résider en France et répondre à des critères de revenus bien précis. L’accès dépend du revenu fiscal de référence mentionné sur l’avis d’impôt : en 2017, il ne devait pas dépasser 19 779 euros pour une personne seule. Pour un couple, le seuil grimpe à 30 343 euros, et à 40 907 euros pour une famille avec deux enfants. La banque réclamera systématiquement l’avis d’imposition lors de l’ouverture, puis chaque année pour vérifier la situation.

Et si jamais vos revenus franchissent la limite ? Une période de tolérance d’un an vous laisse le temps de repasser sous le seuil. Autrement dit, détenir un LEP n’est jamais synonyme d’insouciance, mais pour ceux qui hésitent à franchir le pas, mieux vaut saisir sa chance que de laisser filer un tel avantage.

Le ticket d’entrée, fixé à 30 euros, reste accessible. Le plafond de dépôt, hors intérêts capitalisés, s’établit à 7 700 euros, ce qui permet déjà de mettre de côté une somme significative. Mais le vrai point fort du LEP, c’est sa rémunération : 1,25 % nets, sans impôt ni prélèvements sociaux. Aucune autre formule d’épargne réglementée ne propose un rendement aussi attractif. Ceux qui cherchent à faire fructifier leur épargne sans mauvaise surprise fiscale ont tout intérêt à regarder de ce côté.

Des fermetures de LEP en perspective

Retour rapide sur la genèse de ce livret : quand le LEP a vu le jour au début des années 80, il était réservé aux personnes exonérées d’impôt sur le revenu ou n’en payant qu’un faible montant (le seuil étant réévalué chaque année). En 2014, ce critère a été remplacé par une limite de revenu fiscal. Banques et épargnants avaient jusqu’à la fin 2017 pour s’adapter à cette nouvelle règle.

L’année suivante, un délai supplémentaire a été accordé, mais désormais le ton se durcit : toute personne n’ayant pas communiqué la preuve de son éligibilité verra son LEP fermé. Pour éviter cette sanction, il suffit de fournir son avis d’impôt 2018 (concernant les revenus 2017) avant la fin juin. Simple formalité, mais indispensable pour continuer à profiter d’un produit bien trop souvent négligé.

Le livret d’épargne populaire reste, pour qui en remplit les conditions, une anomalie dans le paysage bancaire : rendement supérieur, fiscalité douce et conditions d’accès élargies. Tant que les banques ne le mettront pas davantage en avant, il restera ce secret bien gardé, réservé aux initiés. Mais pour les ménages concernés, c’est une occasion à ne pas laisser filer.

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