Comprendre le gir 2 et ses critères d’évaluation

La grille AGGIR vise à évaluer le degré de dépendance ou d’autonomie d’une personne âgée. Mais à quels droits s’ouvre-t-elle ? Comment est-elle définie ? Quelles variables sont prises en compte ? La FMH effectue la mise à jour.

Grille AGGIR : évaluer la perte d’autonomie

Pour mesurer la perte d’autonomie chez une personne âgée, les professionnels s’appuient sur la grille AGGIR (Autonomie, Gérontologie, Groupes Iso-Ressources). Cet outil, désormais incontournable dans le secteur médico-social, repose sur une série d’observations et de questions menées par une équipe spécialisée ou le médecin traitant. Concrètement, il s’agit de déterminer le niveau de dépendance de la personne.

L’évaluation se déroule le plus souvent au domicile, réalisée par l’équipe médico-sociale du département lors d’une demande d’Allocation personnalisée d’autonomie (APA). En cas d’entrée en Ehpad, c’est au médecin coordonnateur que revient la tâche de cette évaluation.

La grille AGGIR, outil de référence nationale, permet de situer précisément une personne âgée sur l’échelle de la dépendance, grâce à la notion de GIR (Groupe Iso-Ressources). Les six niveaux de GIR, numérotés de 1 à 6, traduisent le degré d’autonomie : le GIR 1 désigne une perte d’autonomie totale, tandis que le GIR 6 correspond à une autonomie préservée.

Groupe GIR : comment fonctionne le classement ?

À partir des réponses obtenues et d’observations concrètes, l’équipe médico-sociale remplit la grille AGGIR pour déterminer le groupe GIR correspondant. L’évaluateur attribue, pour chaque critère, une note : A (la personne effectue seule, totalement, habituellement et correctement), B (réalise partiellement, ou pas toujours, ou de façon incomplète), ou C (n’effectue pas l’acte).

Ce sont 10 critères principaux, dits « variables discriminantes », qui servent à mesurer la perte d’autonomie physique et psychique. Voici en détail les capacités évaluées :

  • 1. Cohérence : aptitude à tenir une conversation ou à adopter un comportement adapté ;
  • 2. Orientation : capacité à se repérer dans le temps et dans l’espace ;
  • 3. Toilette : possibilité de se laver sans assistance ;
  • 4. Habillage : savoir s’habiller, se déshabiller, se présenter ;
  • 5. Alimentation : manger des aliments préparés sans aide ;
  • 6. Élimination : gestion de l’hygiène urinaire et fécale ;
  • 7. Transferts : passer en autonomie de la position assise à couchée, se lever, s’asseoir ;
  • 8. Déplacements à l’intérieur : capacité à circuler spontanément dans son logement, y compris avec une aide technique ;
  • 9. Déplacements à l’extérieur : franchir le seuil de son domicile sans véhicule ;
  • 10. Communication à distance : utiliser le téléphone, une sonnette ou une alarme pour demander de l’aide.

En complément, sept autres critères, appelés « variables illustratives », sont également renseignés, mais n’interviennent pas pour définir le GIR.

Le plan d’aide : quels autres aspects prend-on en compte ?

Ces variables illustratives concernent le quotidien, l’organisation domestique et la vie sociale. Elles orientent l’élaboration du plan d’aide :

  • 1. Gestion : capacité à s’occuper de ses affaires personnelles, gérer son budget et ses biens ;
  • 2. Préparation des repas : savoir cuisiner et servir à manger ;
  • 3. Ménage : exécuter l’ensemble des tâches ménagères ;
  • 4. Transport : utiliser ou organiser un moyen de transport ;
  • 5. Achats : effectuer des courses, en personne ou à distance ;
  • 6. Suivi du traitement : respecter les prescriptions médicales ;
  • 7. Activités de loisirs : pratiquer une activité sportive, culturelle ou entretenir des passe-temps.

Les GIR 1 et GIR 2 regroupent les situations de dépendance la plus marquée. Les GIR 3 et GIR 4 correspondent à des pertes d’autonomie intermédiaires, tandis que les GIR 5 et 6 traduisent une autonomie largement préservée.

GIR et allocation : quels droits selon le niveau ?

Les six niveaux de GIR déterminent le niveau de dépendance de la personne âgée, et guident les professionnels dans la mise en place d’un accompagnement adapté. Selon le classement, les solutions proposées varient : aide à domicile, interventions de professionnels, ou orientation vers un établissement spécialisé.

L’attribution de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) dépend directement du niveau de GIR. Seules les personnes classées en GIR 1 à 4 peuvent y prétendre. Pour celles en GIR 5 ou 6, une aide à domicile ou certains dispositifs complémentaires peuvent être envisagés, selon les besoins identifiés.

Le montant de l’APA, tout comme l’accès aux aides relevant des caisses de retraite, découle du niveau de GIR attribué lors de l’évaluation.

La grille AVQ : mesurer la capacité à réaliser les gestes du quotidien

En parallèle de la grille AGGIR, un autre outil est parfois mobilisé : la grille AVQ. Son objectif ? Évaluer la capacité à accomplir en autonomie les actes essentiels de la vie quotidienne, notamment dans le cadre d’une souscription à une assurance dépendance ou d’une demande d’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA).

Cette grille se concentre sur six catégories d’actes :

  • 1. Transferts : passer de la position couchée à assise, puis debout ;
  • 2. Déplacements à l’intérieur : se mouvoir sur une surface plane sans assistance ;
  • 3. Alimentation : manger et boire sans aide ;
  • 4. Toilette : procéder seul à la toilette du corps entier ;
  • 5. Habillage : s’habiller ou se déshabiller sans appui extérieur ;
  • 6. Continence : gérer l’hygiène lors de l’élimination.

Perte d’autonomie : comment se mesure-t-elle ?

Le niveau de dépendance est alors déterminé selon le nombre d’actes que la personne est en mesure de réaliser seule et correctement. Plus il y a d’actes accomplis sans assistance, plus le niveau d’autonomie est élevé. Là encore, la personne sera située sur une échelle de 1 à 4, selon le degré de difficultés rencontrées au quotidien.

Niveaux d’AVQ : à quoi servent ces évaluations ?

Outil mis au point par la Sécurité Sociale, la Société Française de Gérontologie et des informaticiens, la grille AGGIR s’est imposée comme la référence pour l’évaluation de la dépendance et l’accès à l’APA. Le principe est simple : à partir d’observations et de questions ciblées, l’équipe médico-sociale vérifie si la personne âgée réalise seule, ou non, la majorité des actes du quotidien. La grille AGGIR examine aussi bien les fonctions mentales que les capacités physiques. La grille AVQ, quant à elle, affine cette évaluation en se centrant sur six gestes fondamentaux. Ces outils sont au cœur des dispositifs d’aide, car ils permettent de mobiliser rapidement les appuis nécessaires, qu’ils soient temporaires ou durables.

Comment en savoir plus sur la perte d’autonomie ?

La perte d’autonomie bouleverse la vie de la personne concernée, mais aussi celle de ses proches. Voir au quotidien un parent peiner de plus en plus à réaliser des gestes simples est une épreuve qui pèse, moralement et parfois physiquement. Évaluer de manière juste la dépendance devient alors le premier pas pour activer des soutiens adaptés et soulager l’entourage.

Les critères retenus pour mesurer la perte d’autonomie sont strictement définis. Ils permettent d’identifier les besoins concrets d’une personne âgée, puis d’orienter vers l’assistance adéquate. Ces repères, au nombre de six, figurent dans la grille aggir, outil de référence utilisé par les équipes médicales pour apprécier le niveau d’indépendance.

Les situations rencontrées sont variées : un senior peut avoir des difficultés à se déplacer pour faire les courses, mais rester autonome à la maison. Un autre aura besoin d’un coup de main pour s’habiller ou se laver, tout en pouvant continuer à vivre chez lui. Parfois, une aide ponctuelle pour le ménage suffit à préserver la qualité de vie.

Chaque cas est examiné précisément, afin d’apporter la réponse la plus adaptée, ni plus, ni moins.

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