En 2025, le paysage du chômage pour les plus de 58 ans change de visage. Les règles évoluent, les repères bougent, et les travailleurs seniors scrutent l’horizon de l’emploi avec de nouvelles attentes. Si les conditions d’accès, les durées d’indemnisation ou encore les soutiens à la réinsertion se transforment, c’est pour coller de plus près à la réalité d’un marché du travail en pleine mutation.
Cette année, la prise en compte des carrières accidentées et des périodes de formation devient bien plus souple. Les dispositifs incitent aussi davantage les entreprises à miser sur l’expérience, tout en préparant en douceur le passage à la retraite.
Les nouvelles conditions d’éligibilité au chômage pour les seniors en 2025
Dès le 1er janvier 2025, la nouvelle Convention d’assurance chômage s’applique. Son ambition ? Adapter la protection des demandeurs d’emploi de plus de 58 ans, confrontés à des obstacles spécifiques pour retrouver un poste. Les règles sont affinées pour mieux tenir compte de leur parcours et de leurs contraintes.
Critères d’éligibilité
Pour ouvrir droit aux allocations chômage, les seniors de plus de 58 ans doivent répondre à plusieurs critères précis :
- Justifier d’au moins 24 mois de cotisations à l’assurance chômage au cours des 36 derniers mois.
- S’inscrire auprès de France Travail et s’engager dans une recherche active d’emploi.
- Ne pas avoir atteint l’âge minimum légal pour liquider sa retraite.
Durée d’indemnisation
La durée de versement des allocations évolue également. Désormais, les personnes de 58 ans et plus peuvent prétendre à une indemnisation jusqu’à 36 mois. C’est nettement plus long que pour les autres classes d’âge, qui restent limitées à 24 mois. Ce choix vise à offrir un filet de sécurité renforcé, le retour à l’emploi étant souvent plus difficile passé un certain âge.
Mesures incitatives pour l’emploi des seniors
Pour dynamiser l’embauche des seniors, plusieurs leviers sont actionnés :
- Allègement des charges patronales pour chaque recrutement d’un salarié d’au moins 58 ans.
- Soutiens financiers destinés aux employeurs qui investissent dans la montée en compétences des salariés seniors.
Ce dispositif a pour ambition de valoriser l’expérience, de limiter les mises à l’écart et de fluidifier la transition professionnelle jusqu’à la retraite.
Les modifications du calcul et du versement des allocations chômage
Le calcul et la distribution des allocations chômage changent aussi de logique à partir de 2025. Le versement des indemnités se fera désormais sur une base mensuelle de 30 jours, afin d’éviter les écarts et de garantir une meilleure prévisibilité pour les personnes concernées. Ce changement s’accompagne d’une volonté de réduire la complexité administrative.
Calcul du Salaire Journalier de Référence (SJR)
Le calcul du Salaire Journalier de Référence (SJR) intègre désormais toutes les rémunérations encaissées au cours des 24 derniers mois, rapportées au nombre total de jours travaillés. Cette approche permet de mieux refléter la réalité des carrières discontinues, fréquentes chez les seniors ayant connu des périodes d’inactivité ou de temps partiel.
Versement par France Travail
À compter du 1er avril 2025, c’est France Travail qui prend le relais de Pôle Emploi pour assurer le versement des allocations chômage. Cette nouvelle structure centralise l’ensemble des prestations liées à l’emploi, ce qui doit faciliter la coordination et offrir un suivi mieux adapté à chaque situation.
Dégressivité des allocations
La convention introduit aussi une réduction progressive des allocations pour certains profils. Après six mois, les indemnités baissent de 30 % pour les revenus les plus élevés. Cette disposition cherche à accélérer le retour à l’emploi tout en maintenant une couverture adaptée pour les autres situations.
Ces transformations, applicables jusqu’au 31 décembre 2028, ouvrent la voie à un système d’indemnisation repensé, censé répondre plus finement aux enjeux d’un marché du travail qui ne cesse d’évoluer, notamment pour les seniors.
Les impacts de la réforme sur la durée d’indemnisation et la dégressivité des allocations
La nouvelle convention d’assurance chômage modifie sensiblement la donne pour les plus âgés. Désormais, la durée d’indemnisation se limite à 24 mois pour les demandeurs d’emploi de 55 ans et plus. Ce choix vise à encourager un rebond professionnel sans sacrifier la protection sociale.
Dégressivité des allocations
Après six mois d’indemnisation, la baisse de 30 % s’appliquera aux allocations des plus hauts revenus. Ce mécanisme, qui ne fait pas l’unanimité, poursuit l’objectif d’accélérer la reprise d’activité, y compris chez les seniors.
Conditions spécifiques pour les seniors
Pour les demandeurs d’emploi de 57 ans et plus, un accent particulier est mis sur la formation. L’offre de formation est renforcée pour mieux coller aux besoins du marché. Adapter les compétences des seniors devient un axe central du dispositif, avec un accompagnement sur mesure proposé par France Travail.
Tableau récapitulatif des principales mesures
| Âge | Durée d’indemnisation | Dégressivité |
|---|---|---|
| 55 ans et plus | 24 mois | 30 % après 6 mois |
| 57 ans et plus | 24 mois | 30 % après 6 mois |
En misant sur une meilleure articulation entre formation et indemnisation, la réforme tente de raccourcir les périodes d’inactivité et de renforcer l’agilité des seniors sur le marché du travail.
Les dispositifs spécifiques pour les seniors en formation et les travailleurs saisonniers
Seniors en formation
Pour les personnes de 58 ans et plus, la nouvelle convention prévoit des dispositifs qui ciblent le retour à l’emploi. Ces mesures prennent la forme de :
- Formations sur-mesure, adaptées à la fois aux savoir-faire des seniors et aux attentes actuelles du marché.
- Accompagnement dédié, avec un suivi personnalisé assuré par des conseillers expérimentés de France Travail.
À travers ces mesures, il s’agit de donner à chacun les moyens de rebondir, même après des années dans un secteur ou une fonction.
Travailleurs saisonniers
Les travailleurs saisonniers, parfois mis de côté par les dispositifs classiques, verront leurs droits évoluer dès le 1er avril 2025. Les nouvelles règles incluent :
- Droit aux allocations après 5 mois de travail : il suffira d’avoir cumulé 5 mois d’activité pour ouvrir droit à l’indemnisation.
- Montant adapté : le calcul de l’allocation prendra en compte la durée et la spécificité du contrat saisonnier.
Contrat d’emploi pénitentiaire
Autre nouveauté : les personnes sous contrat d’emploi pénitentiaire obtiennent désormais des droits à l’assurance chômage. À partir du 1er avril 2025, ces travailleurs bénéficieront des mêmes règles d’indemnisation que les autres salariés, ce qui doit faciliter leur retour à la vie active après une incarcération.
Avec ces ajustements, le système ouvre des perspectives plus stables à ceux qui, jusqu’ici, restaient à la marge. Seniors, saisonniers, personnes en réinsertion : chacun trouve désormais sa place dans le nouveau paysage du chômage. Et si cette réforme ne règle pas tout, elle trace au moins la voie vers une solidarité plus concrète, où l’expérience et la diversité des parcours cessent d’être des handicaps pour devenir des atouts.


