La retraite complémentaire Agirc-Arrco représente souvent plus de la moitié de la pension totale des anciens salariés du privé. En 2026, la valeur de service du point reste gelée à 1,4386 €, sans revalorisation depuis novembre 2024. Cette situation, combinée à la hausse de 0,9 % de la retraite de base au 1er janvier 2026, crée un décalage que certains retraités découvrent tardivement sur leur relevé.
Identifier les erreurs qui font perdre des droits suppose de comprendre précisément ce qui se joue cette année.
Gel du point Agirc-Arrco et revalorisation de base : les écarts concrets en 2026
Le tableau ci-dessous met en regard les deux composantes de la pension d’un retraité du secteur privé pour l’exercice 2026.
| Composante | Revalorisation 2026 | Date d’effet | Référence |
|---|---|---|---|
| Retraite de base (CNAV) | +0,9 % | 1er janvier 2026 | Revalorisation annuelle légale |
| Retraite complémentaire Agirc-Arrco | 0 % (gel) | Maintien jusqu’au 31 octobre 2026 | Circulaire Agirc-Arrco 2025-15-DT du 23 octobre 2025 |
La décision de gel découle de l’absence d’accord lors du conseil d’administration paritaire du 17 octobre 2025. La circulaire 2025-15-DT fige à la fois la valeur de service et le prix d’achat du point pour tout l’exercice 2026.
Pour un retraité dont la complémentaire représente la moitié de sa pension totale, la hausse effective globale tombe bien en dessous de 0,9 %. Plus la part Agirc-Arrco est élevée dans vos revenus, plus l’impact du gel pèse sur votre pouvoir d’achat réel.

Suppression du malus Agirc-Arrco : un droit à vérifier sur votre relevé
L’ancien coefficient de solidarité, communément appelé « malus de 10 % », a été supprimé pour les retraités partant à compter du 1er décembre 2023. Cette suppression ne produit aucun effet rétroactif.
L’erreur la plus fréquente consiste à supposer que la suppression du malus génère un rattrapage automatique pour les retraités qui l’ont subi avant cette date. Ce n’est pas le cas. Si vous avez liquidé votre retraite avant et que le coefficient de solidarité vous a été appliqué pendant trois ans, aucune compensation rétroactive n’est prévue par l’accord.
Trois vérifications à faire sur votre espace personnel
- Contrôlez que le coefficient de solidarité n’apparaît plus sur vos versements si vous avez dépassé la période de trois ans ou si vous avez liquidé après le 1er décembre 2023. Une minoration qui persiste au-delà de son terme est une erreur de gestion qu’il faut signaler.
- Vérifiez la date exacte de suppression appliquée à votre dossier. Certains relevés affichent encore l’ancien taux pendant plusieurs mois après la fin effective du malus.
- Comparez le montant brut et le montant net de votre pension complémentaire sur deux trimestres consécutifs. Un écart inexpliqué peut signaler un prélèvement social mal recalculé ou un coefficient résiduel.
Prélèvements sociaux 2026 sur la pension Agirc-Arrco : les pièges du taux
Le taux de CSG appliqué à votre pension complémentaire dépend de votre revenu fiscal de référence (RFR) de l’année N-2. En 2026, c’est donc l’avis d’imposition 2024 (revenus 2023) qui détermine si vous relevez du taux nul, du taux réduit, du taux médian ou du taux normal.
Une erreur courante consiste à confondre une baisse de pension nette avec l’absence de revalorisation. Un changement de tranche de CSG peut réduire votre pension nette même si le montant brut reste identique. Le gel du point masque parfois ce phénomène : le retraité attribue la baisse au gel, alors qu’elle provient d’un passage à un taux de prélèvement supérieur.
En sens inverse, un RFR en baisse peut vous faire basculer vers un taux de CSG plus favorable. Cette modification n’est pas automatiquement répercutée par toutes les caisses au même rythme. Si votre situation fiscale a changé, vérifiez que le bon taux est appliqué dès le premier versement de l’année.

Erreurs de carrière et points Agirc-Arrco manquants : le risque invisible
Le gel de la valeur du point rend chaque point acquis d’autant plus précieux. Des points manquants sur votre relevé de carrière ne se voient pas sur le montant mensuel tant que vous n’avez pas comparé votre total de points avec vos bulletins de salaire.
Périodes souvent mal reportées
Les périodes de chômage indemnisé, de maladie longue durée et de congé maternité génèrent des points Agirc-Arrco. Leur attribution repose sur les déclarations de l’employeur ou de l’organisme payeur. Un employeur qui omet de déclarer correctement une période de chômage partiel, par exemple, laisse un trou dans votre compte de points.
Les cinq dernières années avant la liquidation sont les plus sensibles aux erreurs de report. Passé la liquidation, la rectification devient plus complexe et nécessite des justificatifs que les entreprises ne conservent pas toujours.
- Demandez un relevé de points détaillé sur votre espace Agirc-Arrco et croisez-le année par année avec vos bulletins de salaire. Les écarts apparaissent souvent sur les années où vous avez changé d’employeur.
- Pour les périodes de maladie ou de chômage, conservez les attestations d’indemnités journalières et les relevés Pôle emploi (France Travail). Ce sont les seules pièces opposables en cas de contestation.
- Signalez toute anomalie avant la liquidation. Une demande de régularisation faite après le départ en retraite suit un circuit plus long et peut prendre plusieurs mois.
Liquidation et date de départ : un trimestre peut changer la donne
Le choix de la date de liquidation de la retraite complémentaire a un impact direct sur le nombre de points pris en compte. Liquider un trimestre trop tôt peut signifier renoncer à des points en cours d’acquisition, surtout si votre dernier employeur n’a pas encore transmis la DSN (déclaration sociale nominative) du trimestre en cours.
Un départ au 1er janvier plutôt qu’au 1er avril peut coûter un trimestre entier de points. La date de liquidation Agirc-Arrco n’est pas nécessairement alignée sur celle de la retraite de base. Vérifiez que votre caisse complémentaire prend bien en compte la même date d’effet que la CNAV, ou ajustez votre demande en conséquence.
Le gel de la valeur du point en 2026 ne modifie pas ce calcul : les points acquis au cours du dernier trimestre travaillé conservent leur valeur de 1,4386 € et seront revalorisés lors des prochaines décisions paritaires. Renoncer à ces points par précipitation reste une perte définitive, quel que soit le contexte de revalorisation.

