La grille Aggir classe la perte d’autonomie d’une personne âgée en six niveaux, appelés groupes iso-ressources (GIR). Le GIR 4 est le premier niveau ouvrant droit à l’APA, l’allocation personnalisée d’autonomie. Il correspond à une dépendance partielle : la personne se déplace encore à l’intérieur de son logement, mais a besoin d’aide pour certains actes du quotidien comme la toilette, l’habillage ou la préparation des repas.
L’évaluation qui détermine ce classement se déroule au domicile, et son déroulement concret reste souvent flou pour les familles.
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Ce que le professionnel observe vraiment lors de la visite à domicile
L’évaluation à domicile n’est pas un simple questionnaire posé dans un salon. Un membre de l’équipe médico-sociale du conseil départemental, parfois accompagné d’un second professionnel, se rend chez la personne âgée pour observer ses gestes dans son environnement réel.
Cette observation « in situ » change la lecture des capacités. Une personne peut se déclarer autonome pour se lever, mais l’évaluateur constate qu’elle s’appuie sur un meuble instable ou qu’elle met plusieurs minutes à atteindre la salle de bains. Le logement lui-même fait partie de l’évaluation : escaliers raides, baignoire difficile d’accès, tapis glissants.
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Le professionnel évalue aussi la sécurité et l’adaptation du logement, pas uniquement les capacités corporelles. Un domicile présentant des obstacles à la mobilité ou des risques de chute peut influencer directement le plan d’aide proposé, voire le classement GIR retenu.

Variables discriminantes de la grille Aggir : les critères qui déterminent le GIR
La grille Aggir repose sur dix activités discriminantes qui servent de base au calcul du GIR. Chaque activité est codée selon trois modalités : la personne fait seule, fait partiellement, ou ne fait pas.
- Cohérence (communiquer de façon logique), orientation dans le temps et l’espace, toilette du haut et du bas du corps, habillage (vêtements du haut, du milieu et du bas)
- Alimentation (se servir et manger), élimination (gestion de l’hygiène liée à l’élimination urinaire et fécale), transferts (se lever, se coucher, s’asseoir)
- Déplacement à l’intérieur du logement, déplacement à l’extérieur, communication à distance (téléphone, alarme)
Pour un profil GIR 4 typique, la cohérence et l’orientation sont généralement conservées. Les difficultés portent sur la toilette (besoin d’aide pour le bas du corps), l’habillage, ou les transferts. La personne se déplace à l’intérieur mais peut avoir besoin d’accompagnement pour sortir.
Les sept variables illustratives
Sept autres activités, dites illustratives, complètent l’évaluation sans entrer dans le calcul du GIR. Elles concernent la gestion du budget, la cuisine, le ménage, les transports, les achats, le suivi du traitement médical et les activités de loisir. Ces variables aident l’équipe à cerner la situation globale et à calibrer le plan d’aide.
Évaluation GIR 4 : comment le plan d’aide est construit après le classement
Le classement en GIR 4 ne se limite pas à ouvrir un droit financier. L’évaluation sert à construire un plan d’aide individualisé qui traduit chaque difficulté observée en heures d’intervention ou en services concrets : aide à la toilette le matin, portage de repas, passage d’une auxiliaire de vie pour l’habillage.
L’équipe médico-sociale rédige ce plan en tenant compte de ce qu’elle a vu au domicile. Si la personne vit seule sans aidant familial, le volume d’heures proposé sera plus élevé que si un conjoint assure une partie de l’accompagnement.
Le montant d’APA attribué dépend ensuite de deux éléments : le plan d’aide validé et les ressources de la personne. Une participation financière reste à la charge du bénéficiaire, calculée selon un barème progressif. Le plan peut être révisé à tout moment si l’état de la personne évolue, à la hausse comme à la baisse.
Ce que le plan d’aide peut financer
Pour un GIR 4, le plan couvre le plus souvent des heures d’aide à domicile (auxiliaire de vie, aide-ménagère), mais aussi de la téléassistance, des fournitures d’hygiène, ou un service de portage de repas. L’APA à domicile finance des aides concrètes, pas un forfait global : chaque ligne du plan correspond à un besoin identifié lors de la visite.

Composition de l’équipe d’évaluation : des différences selon les départements
L’équipe médico-sociale comprend au minimum un professionnel de santé (médecin ou infirmier) et un travailleur social. Cette base est commune à tous les départements. En pratique, la composition peut varier d’un département à l’autre : certains ajoutent un ergothérapeute à la visite, notamment quand l’adaptation du logement est un enjeu.
La présence d’un ergothérapeute modifie la nature de l’évaluation. Ce professionnel repère des obstacles que l’infirmier ne cherche pas forcément : hauteur du plan de travail, accès à la douche, largeur des portes pour un déambulateur. Ses recommandations peuvent déboucher sur des aménagements financés en complément de l’APA.
La personne évaluée peut demander la présence de son médecin traitant lors de la visite, et la famille ou l’aidant principal peut assister à l’entretien. Cette présence est utile : l’aidant voit des difficultés que la personne âgée a tendance à minimiser face à un professionnel inconnu.
Contester ou demander une réévaluation du GIR
Un classement en GIR 5 ou 6 ferme l’accès à l’APA. Si la famille estime que l’évaluation ne reflète pas la réalité quotidienne, elle peut demander une réévaluation au conseil départemental, par courrier motivé. Un certificat du médecin traitant décrivant les difficultés non prises en compte renforce la demande.
La réévaluation peut aussi être demandée après une aggravation : hospitalisation, chute, apparition de troubles cognitifs. Le classement n’est jamais définitif. Toute évolution de l’état de santé justifie une nouvelle visite d’évaluation, sans délai minimum entre deux demandes.
Le GIR 4 reste le seuil le plus fréquemment attribué pour l’APA à domicile. Comprendre ce qui se joue pendant la visite d’évaluation, des gestes observés jusqu’à la rédaction du plan d’aide, permet d’aborder ce rendez-vous sans approximation et de s’assurer que le niveau d’aide accordé correspond aux besoins réels.

