En France, quelques 600.000 femmes auraient un problème d’alcool, tout milieu social confondu. Elles sont deux fois plus sensibles à sa toxicité, par inégalité physique. Sa surconsommation entraîne hypertension artérielle, changement de poids, céphalées, dépressions et troubles psychiatriques. Sujet toujours tabou, Lucille* nous raconte son courageux combat et sa victoire contre son pire ennemi.

Comment on devient  » buveuse « . « J’ai d’abord beaucoup fumé puis j’ai rencontré mon futur mari qui détestait l’odeur du tabac et, pour lui faire plaisir, j’ai arrêté la cigarette. J’ai alors transféré mon addiction sur lui : j’étais devenue accro à l’amour. On avait pris l’habitude de prendre chaque soir un whisky mais, à cause de son
métier, il rentrait tard et j’ai donc commencé à boire un verre avant qu’il n’arrive, puis un second au fur et à mesure que
l’heure avançait, et le niveau de la bouteille descendait à grande vitesse. J’ai décidé d’acheter ma propre bouteille, sans réaliser qu’il n’était pas normal que je boive en solitaire ! Il faut savoir qu’il y a autant de façons de boire que d’alcooliques : il y a ceux du matin, ceux du soir, ceux qui ne boivent qu’en société et d’autres qui le font seuls en cachette. C’est très long avant d’accepter de se dire qu’on est devenue alcoolique, mon mari me disait bien que je buvais trop mais moi je pensais que c’était parce que j’étais fatiguée, qu’il n’était pas gentil avec moi et que le jour où tout irait mieux, j’arrêterais de boire. C’est lors d’un instant de lucidité, au fond de ma cave, je me suis vue boire du rhum au goulot et je me suis dit : Là, ma fille, tu as un problème ! »

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